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A l'aube de cette nouvelle année, je ne suis pas celle que vous croyez

7 Janvier 2016, 20:40pm

Publié par Mamanlit

Non, je ne peux pas dire que les gens qui m'entourent ne savent pas qui je suis.

 

Mais je ne suis pas celle que vous croyez.

 

Sans être insensible aux malheurs des autres, bien au contraire, je montre peu de compassion devant la perte d'un animal, je pense que la mort est la fin de la vie. Ce n'est pas une fin en soi, mais c'est comme ça. Alors je paraît insensible. Face à la mort d'une personne, sans être dans ces extrêmes, je parait également un peu "froide".

De même, je ne suis pas du genre à m'affoler pour rien. Je reste très zen face à la maladie. Grâve ou pas. Je suis pour le fait de commencer à paniquer qu'une fois toutes les données en main. Avant ça ne sert à rien de faire des suppositions. Je suis le contraire d'une hypocondriaque. 

En revanche, je suis une flippée pour mes enfants. Dans le genre mère juive en pire. Je me passe les pires scénarios catastrophes dans la tête. Et si ? Et si ? Et si ? Ca ne sert à rien, mais c'est comme ça. Rien que pour ça, j'apréhende quand ils prennent des cours de ski sans moi. Ma hantise étant qu'ils passent sous la barrière des remontes pentes et qu'ils s'écrasent 5 mètres plus bas. C'est irrationnel mais ça m'empêche de dormir. Du coup, je trouve des parades. Mon parfum sur son poignet, ne pas prendre de cours de ski, des rituels très cons.

 

J'offre mon écoute aux gens qui m'entourent, mais je n'aime pas les plaindre. Qui a besoin qu'on le plaigne ? Les soutenir oui, les écouter, discuter, pleurer avec. Mais plaindre ? Peut-être parce que je n'aimerai pas qu'on me plaigne. J'ai même horreur de ça. Je suis grande, je suis "forte" alors je vais y arriver. Et peut-être que je pars du principe que c'est pour tout le monde pareil.

 

En ce moment, je passe des moments privilégiés avec mon fils. Tous les mercredis, nous avons une heure et demi ensemble pendant que sa sœur est au poney. Et quand je ne suis pas en train d'essayer de lui faire rentrer ses leçons dans le crâne, il me fait rire. Beaucoup rire. Il me rappelle mon frère par sa finesse de jugement et son humour parfois un peu pourri.

 

Ces 20 dernières années, j'ai réglé pas mal de trucs qui me tracassaient. Comprendre, je suis allée régulièrement chez le psy pour poser mes valises familiales. Je suis en paix avec moi même à ce niveau là. Et même si j'aurais encore des choses à dire aux personnes que j'aime, je m'aperçoit maintenant, après réflexion, que je les garderai pour moi. J'ai grandi.

 

Certains soirs (matin, après-midi), je serais prête à écharper ma fille et à la bannir dans sa chambre jusqu'au retour de son père. Elle me ressemble tellement qu'elle me fait peur. Malheureusement, je ne la comprends parfois tellement pas, que je sais que je suis en train de passer à coté de quelque chose d'important. Alors pour L., parce que je l'aime avec mes tripes, je pense que je vais aller en parler. Enfin, je vais nous emmener toutes les deux, main dans la main, voir quelqu'un pour pouvoir appréhender ce qu'elle est avant qu'il ne soit trop tard et que nous pourrissions le reste du clan.

 

J'ai été cette petite fille sur la photo. Une coupe au bol, des lunettes, pas de copains parce que différente, à part; la tête dans les livres. Et cette envie d'être aimée et accueillie par les autres. J'ai été ma fille. Mais j'ai grandi et je vais l'accompagner pour qu'elle grandisse aussi.

 

Je rêve de temps. Et quand j'en ai, j'ai parfois l'impression de passer à coté. Alors je m'organise, je planifie... et puis trop tard. Ce temps est passé. L'Homme dit souvent que je ne prend pas le temps de vivre. C'est vrai. Je cours souvent (sans basket et avec trois sacs dans les mains). Mais comment faire ?

 

Fondamentalement, j'arrive a voir le verre à moitié plein. Rare sont les fois - je peux les compter sur les doigts d'une main - où je me suis laissé entrainée vers les bas-fonds du pessimisme. A chaque problème sa solution. Alors les pessimistes de tout poil, j'ai horreur de ça.

 

Certains matins, je me déteste. Surtout quand je viens de déposer en hurlant mes nains à l'école. "Je suis à la bourre, je suis à la bourre", comme le lapin d'Alice. Passé la porte de l'école, je n'ai qu'une envie, faire marche arrière pour les serrer contre moi et leur demandé pardon. J'ai le reflexe de prendre mon téléphone, ah, c'est con, ils n'en n'ont pas encore... aller, juste un petit SMS "Pardon d'avoir été lourdingue ce matin".

Parce que je suis comme ça. Si je sens que j'ai fais un truc nul, je m'excuse.

 

 

J'ai découvert que j'aimais faire du pain. Mélanger les ingrédients. Attendre. Mettre les mains dans la pâte. Malaxer. Faire cuire. Et trouver ça naturel.

 

Je suis exigeante. Aussi bien avec moi même qu'avec mon entourage. Je passe pour une maman sévère. Et je suis même cité en menace de punition pour les enfants qui ne sont pas sages avec leurs parents. "Si tu n'es pas contente, va voir chez Mamanlit, tu verra comment elle fait avec les écrans...". (Comprendre qu'il n'y a pas d'écran chez nous les jours d'école, pas de télé, pas de tablette, pas d'ordi pour les enfants... et que le mercredi et le we, le temps est calculé. En général, ça fait faire les yeux ronds au gamin.)

Et je ne parle pas des yeux de la maîtresse de K. qui m'a dit "L'essentiel c'est qu'il fasse de son mieux" et à qui j'ai répondu "Hors de question, mes enfants je leur demande de faire au delà de leur mieux. C'est un principe pour nous adultes, alors pour eux aussi". Je me suis faite grillée pour le reste de l'année. Je veux l'excellence pour eux. Parce que je veux que plus tard, ils puissent faire ce qu'ils veulent. Maçon, artiste, libraire (sic), vétérinaire...Mais qu'ils aient la possibilité de choisir. Ils en sont capables. Alors je vais faire en sorte qu'ils aiment apprendre, qu'ils aient le goût de l'effort et qu'ils en voient le résultat. Si avant l'entrée du collège, j'arrive à faire comprendre à mes enfants que le travail paye, alors j'aurais gagné mon pari.

Mais ne vous y tromper pas, je ne suis pas Tiger Mom non plus. Ils jouent, ils font des bêtises, ils s'ennuient, ils se chamaillent...ils vivent quoi !

 

Je ne veux pas que mes enfants aient un accent. Ni un accent du Nord, ni un accent du Sud. Non, je ne trouve pas "charmant" quand ma fille dit "mamang". Je veux qu'ils puissent aller n'importe où en France sans qu'on sache d'où ils viennent. Qu'ils puissent se présenter correctement sans qu'on ai d'a priori sur eux. Peut-être parce que j'ai souffert en arrivant dans le Sud de mon accent stéphanois. Mais également parce que je ne me sens de nulle part. Ni d'ici, ni d'ailleurs. C'est pourquoi à la question "vous n'êtes pas d'ici vous ! vous venez d'où?"; je n'ai aucune réponse.

 

J'ai horreur de l'auto-apitoiement. Ma pensée profonde est "sors toi les doigts du c*l, tu va voir ça ira mieux".

 

Certains jours, je voudrais me transformer en nem. Me rouler dans ma couette, pleurer deux heures tranquille et qu'on me foute la paix. Sans me parler, sans me déranger. Surtout sans me demander "ben alors ???"... Alors rien, trop plein, besoin d'évacuer, foutez-moi la paix, ça ira mieux après...et après, je me sortirai donc les doigts du ... et je continuerai à avancer.

 

Parfois, je rêve que mes copines du net habitent là, tout près. Juste pour passer prendre le café. Pour aller courir ensemble, pour se montrer des machins en couture, pour parler en vrai, pour être là, pas juste à travers mon écran. Je suis fidèle en amitié. Mais elle doit être réciproque. Si tu tires profit de moi sans rien donner en retour, attend toi à ce qu'à mon tour je te tourne le dos. Une amitié ça s'entretient. Ce ne sont pas juste des "j'aime" sur un mur bleu.

 

 

Je n'arrive pas à me décider à arrêter de fumer. Vraiment. Je sais que c'est pas bien. Je sais que je peux en mourir, je sais que mes enfants peuvent se retrouver sans mère, et l'Homme sans épouse. Mais je n'y arrive pas. J'essaye de me motiver, de me faire aider. Mais le déclic est difficile.

 

Je suis amoureuse. Profondément. De l'Homme. Et je suis en amour viséral avec mes enfants.

 

Je suis hyperactive. Pas dans le sens médical du terme. Mais je n'aime pas ne rien faire. Et je viens de me mettre à tricoter juste parce que comme ça, je fais un truc de mes mains en regardant la télé, en papotant avec les collègues à midi au boulot, en attendant que les pâtes cuisent. Je fais un truc. C'est chouette (et ça tient chaud, même si pour le moment, mon meilleur ami s'appelle le point mousse).

 

Ce dernier mois, j'ai ouvert les 4 accords toltèques. Et je me suis mis en tête de les mettre en place dans ma vie. J'ai également offert à l'Homme le bouquin au passage. Et bien, c'est pas gagné cette affaire là. Je bloque au premier. Je suis une véritable langue de p.... Et c'est sur ce point là que je travaille le plus. En dehors même du fait d'adorer les cancans et compagnies, il faut que j'arrive à parler correctement. Les mots ont un poids. En prendre conscience est difficile, compliqué et ne se fait pas du jour au lendemain. Mais j'y crois.

 

Vous savez quoi ?

A l'aube de cette nouvelle année, je ne suis pas celle que vous croyez, mais moi, je sais qui je suis.

 

 

 

A l'aube de cette nouvelle année, je ne suis pas celle que vous croyez

Commenter cet article

French Lily 13/01/2016 21:28

Tu te connais très bien et c'est ça qui compte! Ne sois pas trop dure avec toi-même, tu es humaine, et je pense que nous pouvons tous nous reconnaitre sur bien des points de ton texte. Moi aussi j'ai un besoin qui fait mal de rattraper mes filles quand elles partent pour l'école après que j'ai perdu patience... ;)

Agdel 12/01/2016 15:47

Je ne sais pas trop si je te "croyais une autre" avant, mais bon, là, j'ai toujours autant envie de te rencontrer (et de faire la course avec toi !)
(pssst : ce que tu vis avec ta fille, je l'ai vécu des années avec mon fils, une opposition permanente, de tous les instants… ça passe ! Et c'est chouette, ensuite !)

Mamanlit 13/01/2016 19:48

Alors c'est cool. Je ne sais pas si c'est dans cette vie, dans une autre, mais oui, je crois qu'un jour on se rencontrera en vrai !

NOJ 11/01/2016 01:01

J'ai adore tes lignes. On ne se "connait" que par le net, mais je peux sentir quelqu'un de formidable, d'entier : une belle personne. Dommage que je Japon soit si loin de la France. Merveilleuse, douce et calme année 2016.

Mamanlit 13/01/2016 19:48

Que cela ne tienne... un jour, je sais que je retournerai au Japon ! C'est notre projet de gros voyage en famille... Merveilleuse année à toi aussi !

Oui et alors ? 09/01/2016 19:47

Je trouve admirable ce que tu as écris. Je fais partie de celles qui ne te connaissent qu'au travers de la toile et je te découvre (ça fait pourtant plusieurs années que je te suis !!); Ce que j'avais quand même bien cerné c' est tout l'amour que tu portes aux tiens, ta fidélité en amitié, cette envie de faire toujours et encore et ta joie de vivre.
Je te souhaite une belle année, qu'elle t'apporte le meilleur.

Mamanlit 13/01/2016 19:47

Tous mes voeux aussi, Madame Oui ! Et toi, quand reviens tu vers la toile pour nous donner tes mots ?

Bismarck 08/01/2016 19:07

Oh, cette photo posée au pupitre, j'en ai une dans le même genre (mais sans la poupée)...
Attention de ne pas exiger trop non plus de tes enfants, tu pourrais les dégoûter de l'école au lieu de leur donner envie d'apprendre.

Mamanlit 08/01/2016 20:21

Je crois que je commence à gagner mon pari avec K. bientôt 10 ans. Il y va de lui même. Mais il faut que je reste dans les parages. Les leçons ne sont jamais aussi bien apprises que quand je tricote dans le bureau. Et sa fierté de nous raconter ses victoires sur lui même est belle à voir. Mais il y a du boulot avec L. ma zèbre de bientôt 7 ans qui trouve n'importe quel pretexte pour éviter les devoirs. J'ai soif, j'ai faim, je veux faire pipi. Tout ça au milieu d'une phrase à lire. Alors du coup, je commence à ruser, on torche la page de lecture de l'école et on lit à deux voix... et ça marche. Surtout j'ai de la chance, les deux aiment les challenges, enfin, l'un plus que l'autre. Alors on motive sous forme de défis !