Moi et la bouffe.
La bouffe et moi.
Alors les gens qui me côtoient au travail vous diront que je mange tout le temps.
Paradoxe. Je ne fais jamais rarement la cuisine.
Quand j'ai rencontré l'Homme, le premier jour il m'a fait à manger (mélange poulet, poivron rouge, oignon, crème fraîche, pâtes).
Depuis ce jour, j'ai compris:
1. que je l'aimais
2. que je ne ferais jamais à manger.
Pourquoi?
Parce que c'est une corvée.
Que je suis nulle.
Que ça ne m'intéresse pas.
Que je suis nulle.
Que je trouve que c'est une perte de temps.
Que je suis nulle.
Que je n'ai strictement aucune imagination, que ce soit en terme de plat, d'amélioration, d'assemblage de saveur et toussa toussa.
Que je suis nulle.
Bon, vous allez me dire que je suis pas réaliste, que je dois bien savoir faire deux-trois trucs.
Ok.
Je liste :
- les pâtes (et encore, si je ne fais pas gaffe, je peux les faire, crues, trop cuites, qui accrochent, trop salées)
- le crumble de légume
- sortir du jambon de la barquette
- de la purée mousseline
- faire cuire des knakis
- les purées au Babycook, je masteurisais un peu quand même
- ouvrir ma brique de soupe
- ouvrir un melon
- les poissons panés (pour le plus grand bonheur de mes enfants)
- le riz
- une sauce salade, et encore en général avec moi tu te retrouve avec les lèvres décolorées par le vinaigre
- la blanquette de veau et le boeuf bourguignon (ça c'est une erreur de parcours, mais je sais le faire).
Et voilààààààààààààààààààà.
Bon, je sais faire des gâteaux, des financiers, des macarons, des madeleines, des palmichoco....le sucré, y'à que ça qui m'éclate (va savoir pourquoi ?).
Je suis nulle au point de rater une soupe lyophilisée.
Et oui.
Exemple : la poule au pot de l'Homme la semaine dernière alors qu'il agonisait sur le canapé (à courir dans le froid, on chope des microbes). Bref, j'ai fait chauffer de l'eau. J'ai mis les bidules dans le bol. J'ai versé de l'eau dessus et j'ai touillé un coup. Puis je lui ai tendu le bol.Oups. Fallait quand même que les vermicelles cuisent. Oups, bis.
L'Homme m'a donc regardé d'un air navré et est allé se préparer sa soupe tout seul.
Heureusement, il est TRES patient avec moi.
Il m'apprend depuis 16 ans à acheter de la viande correcte (je suis sur la bonne voie). Et les légumes aussi.
Ben, oui, c'est ballot, c'est moi qui fait les courses. Alors il fait avec ce que j'achète.
Et parfois, y'a comme qui dirait des ratés dans mes courses.
Mais il est patient.
Avant, il s'énervait. Il faut dire que la bouffe c'est vital pour lui. Et puis il a appris qu'il faut être pédagogue pour que ça marche avec moi. ça avance, ça avance tout doucement.
C'est étrange quand même. Parce que je mange. J'aime bien ça. (Bon, je ferais pas non plus des bornes pour le resto machin, mais j'aime bien).
J'y attache quand même pas trop d'importance.
Peut-être aussi parce que je suis gâtée. Que l'Homme se débrouille pour ne faire que des trucs que j'aime (mon plat pref, c'est les nuggets avec sauce aigre douce faits maison - la sauce et les nuggets - en général, c'est mon plat d'anniversaire). Alors du coup, je ne me foule pas trop.
Quand il n'est pas là, mon alimentation tourne autour de yaourt, madeleine, pâté. Classe.
En revanche au boulot, je mange. Des gâteaux. Des madeleines. Des trucs.
Le jour de mon anniversaire, les cadeaux que j'ai reçu des mes collègues, ben c'était de la nourriture. C'est dire comme ils me connaissent bien.
Étrangement, chez moi, je ne mange jamais entre les repas.
Et au boulot, la réflexion que j'entends le plus, c'est "encore en train de manger ?" suivi de "t'aurais un truc à manger?".
Bref, vous l'aurez compris, je suis paradoxale avec la bouffe.
Tellement paradoxale que le Kiki m'a dit hier soir "Oh, t'as un gros ventre maman". Bing, ça c'est fait.
Hier soir, j'ai donc mangé une chouette viande, avec une sauce crème fraîche-madère, et des pâtes fraîches. Et l'Homme m'a dit "Bon, ben on va faire attention maintenant".
Miséricorde. Le temps du régime est arrivé. (Et ne me parlez pas de celui de l'année dernière, en hiver je reprend du gras).
Ah, la bouffe et moi.
Moi et la bouffe.
Et vous ?
